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Pachamama

pachamama (aymara et quechua) ; de pacha, monde/temps/espace, et mama, mère

Terre-Mère des hautes terres andines. Pour les nations aymara et quechua que rapporte Fernando Huanacuni Mamani, toute existence vient de deux sources : Pachakama, le père-cosmos (force cosmique), et Pachamama, la Terre-Mère (force tellurique). Pachamama n'est pas le décor inerte de la vie humaine ni une « ressource » : c'est la mère qui engendre toute forme d'existence, sujet de droit et non objet. De là le renversement andin : ce n'est pas l'État qui octroie des droits, c'est la Terre-Mère qui donne la vie, et donc les droits.

las naciones aymara y quechua conciben que todo viene de dos fuentes: Pachakama o Pachatata (padre cosmos, energía o fuerza cósmica) y Pachamama (Madre Tierra, energía o fuerza telúrica), que generan toda forma de existencia
Fernando Huanacuni Mamani, Buen Vivir / Vivir Bien, Ch. « Concepción cosmogónica comunitaria del Abya Yala ». CAOI (Coordinadora Andina de Organizaciones Indígenas), Lima, 2010 · trad. texte original espagnol ; rendu français maison

Pachamama se rend par « Terre-Mère », mais le mot dit davantage. Pacha n’est pas seulement la terre : c’est le monde, le temps et l’espace tenus ensemble ; mama, la mère. Fernando Huanacuni Mamani rapporte la cosmogonie aymara et quechua : tout vient de deux sources, Pachakama ou Pachatata — le père-cosmos, force cosmique — et Pachamama — la Terre-Mère, force tellurique — « qui engendrent toute forme d’existence ». L’humain n’en est pas le sommet mais l’un des enfants.

De là un renversement du droit. Si la Terre-Mère donne la vie, c’est elle qui donne les droits, non l’État : elle est sujet, jamais objet. C’est le sol sur lequel tient le vivre-bien andin et la circulation de l’ayni — on ne vit bien qu’ajusté à plus vaste que soi.

À distinguer de « la nature ». La nature de l’Occident est ce dont l’humain se détache pour la connaître et l’exploiter — un dehors, une matière. Pachamama est une mère dont on procède : on ne peut ni en sortir ni la posséder, on lui appartient. La première se gère ; la seconde engendre.

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