Liangzhi
良知 (liángzhī)
Le « savoir inné » : la faculté du cœur-esprit qui connaît spontanément le bien et le mal, sans étude ni délibération. Pour Wang Yangming, ce n'est pas un acquis livresque mais la substance même de l'esprit, présente en chacun ; toute la pratique consiste à la « porter à son comble » (zhi liangzhi 致良知, l'extension du savoir inné), c'est-à-dire à la suivre sans la trahir. (Le confucianisme n'a pas d'entrée propre dans la nomenclature : ce terme y est classé comme transversal.)
Innate knowledge is nothing but the sense of right and wrong, and the sense of right and wrong is nothing but to love [the right] and to hate [the wrong]. To love [the right] and to hate [the wrong] cover all senses of right and wrong and the sense of right and wrong covers all affairs and their variations.
« Innate knowledge is nothing but the sense of right and wrong, and the sense of right and wrong is nothing but to love [the right] and to hate [the wrong] » — le savoir inné n’est rien d’autre que le sens du bien et du mal, et ce sens n’est rien d’autre qu’aimer le juste et haïr le faux. Wang Yangming ramène ainsi toute la vie morale à une seule faculté, déjà là dans le cœur de chacun avant tout enseignement.
Le mot liangzhi, Wang le reprend à Mencius, pour qui les enfants savent sans apprendre. Mais il en fait le centre de gravité de sa pensée : ce savoir n’est pas une opinion qu’on forme, c’est la substance même de l’esprit (xin), claire tant qu’aucune visée intéressée ne la voile. Interrogé sur la manière de l’étendre, il répond : « ton savoir inné est ton propre étalon » — il sait, à l’instant où tu engages une intention, si elle est droite ou tordue, et tu ne peux rien lui cacher.
D’où le mouvement décisif : zhi liangzhi, porter ce savoir à son comble. Non pas accumuler des connaissances du dehors, mais cesser de tromper cette boussole et la suivre en tout — « préserver le bien, retrancher le mal ». L’étude du sage ne va pas chercher le principe ailleurs ; elle dégage ce qui, déjà, sait.
Le savoir inné n’est pas le savoir livresque, qui se range et s’oublie : il ne s’apprend pas, il se dégage. Il n’est pas non plus le remords, cette conscience qui ne juge qu’après coup et reste passive : liangzhi précède l’acte, le mesure et appelle à le suivre — ce par quoi il commande déjà l’unité de la connaissance et de l’action.