chinois · Transversal

Li

理 (lǐ)

Le « principe » du néo-confucianisme de l'école Cheng-Zhu : l'ordre intelligible, la structure ou raison d'être qui fait que chaque chose est ce qu'elle est. Antérieur à toute forme, le *li* est ce par quoi les choses existent ; il s'oppose et se conjoint au souffle ou force matérielle, le qi, par lequel elles prennent corps. Chez Zhu Xi, principe et force matérielle ne se séparent jamais en fait, mais doivent se distinguer en pensée : l'un est la loi d'être, l'autre l'instrument. (À ne pas confondre avec le *li* 禮 des rites ; le confucianisme n'a pas d'entrée propre dans la nomenclature : ce terme y est classé comme transversal.)

Throughout the universe there are both principle and material force. Principle refers to the Way, which exists before physical form [and is without it] and is the root from which all things are produced. Material force refers to material objects, which exists after physical form [and is with it]; it is the instrument by which things are produced.
Zhu Xi, Complete Works (Chu Tzu ch'üan-shu), in A Source Book in Chinese Philosophy, Chu Hsi, 49:5b. Princeton University Press, 1963 · trad. Wing-tsit Chan

« Throughout the universe there are both principle and material force. » — Partout dans l’univers, il y a à la fois le principe et la force matérielle. Par cette phrase Zhu Xi pose les deux pôles de toute sa métaphysique. Le li (理), le principe, « renvoie à la Voie, qui existe avant la forme physique et qui est la racine d’où toutes choses sont produites » ; le qi, lui, est l’instrument matériel par lequel elles prennent corps.

Le mot li désigne à l’origine les veines du jade, les fibres du bois : un ordre qu’on suit plutôt qu’on n’impose. Devenu concept central de l’école Cheng-Zhu, il nomme la structure intelligible de chaque chose — sa nature réelle, dit Zhu Xi, « réelle et concrète », à la différence du vide bouddhiste. Avant que les choses existent, leur principe d’être existait déjà ; mais le principe seul, sans le qi, n’aurait rien où se loger : « il n’y a de principe qu’autant qu’il y a la force matérielle pour qu’il s’y fixe. »

D’où une distinction qui n’est jamais une séparation. Considérés du point de vue des choses, principe et souffle « sont fondus l’un dans l’autre » ; considérés du point de vue du principe, l’un précède l’autre. Tenir les deux bouts ensemble, sans les confondre ni les disjoindre, c’est, dit Zhu Xi, « être à l’abri de l’erreur ». Le principe relie en outre l’homme au cosmos : la même loi qui ordonne le ciel ordonne sa nature, gage de l’unité de tous les êtres.

Le li n’est pas le souffle qi, qui est multiple, transitoire et mêlé de bien et de mal : le principe est un, éternel, toujours bon. Il n’est pas non plus une loi imposée du dehors par un dieu ordonnateur : c’est l’ordre immanent que chaque chose porte comme sa propre raison d’être.

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