Zazen
坐禪 (zazen)
Zazen, c'est l'assise zen : za (坐), « s'asseoir », et zen (禪, du chinois chán, du sanskrit dhyāna), « absorption ». Non pas n'importe quelle posture, mais le corps droit, le souffle réglé, l'esprit porté au-delà de la pensée. Au sens large, elle déborde le coussin : entrer pleinement dans chaque acte avec une attention totale est aussi zazen.
Zazen must not be confused with meditation. Meditation involves putting something into the mind, either an image or a sacred word that is visualized or a concept that is thought about or reflected on, or both.
Kapleau pose le terme par ce qu’il n’est pas : « Zazen must not be confused with meditation. Meditation involves putting something into the mind, either an image or a sacred word that is visualized or a concept that is thought about or reflected on, or both. » Le mot compose za (坐), s’asseoir, et zen (禪) — le chán chinois, le dhyāna sanskrit, l’absorption. Là où la méditation introduit un contenu dans l’esprit, le zazen le dénude. (Les petites capitales d’ouverture de l’édition — « ZAZEN MUST NOT » — sont normalisées ici en casse de lecture.)
L’assise n’est pas une posture quelconque. Selon Dōgen, rapporte Kapleau, il faut « s’asseoir avec un sentiment de dignité et de grandeur, comme une montagne ou un grand pin », le dos droit, le souffle réglé, l’esprit concentré par-delà la pensée. Cette dignité ne s’arrête pas au coussin : « In the broad sense zazen embraces more than just correct sitting. To enter fully into every action with total attention and clear awareness is no less zazen. » Le travail manuel du monastère (samu), marcher, manger — tout acte traversé d’attention totale est encore l’assise.
De ce sitting naît la force de concentration qui mobilise l’être entier, et c’est de lui que peut jaillir le kenshō, la percée. Le zazen est le sol ; tout le reste y pousse.
Zazen ≠ méditation : la méditation dépose une image, un mot sacré, un concept dans l’esprit pour l’y contempler ; l’assise zen ne fixe aucun objet et vide le mental de toute représentation. Zazen ≠ simple posture assise : s’asseoir jambes croisées sans dignité, sans souffle réglé, sans esprit recueilli n’est pas encore zazen — et inversement, l’acte le plus ordinaire, fait avec une présence sans faille, l’est déjà.