· Bouddhisme

Jōriki

定力 (jōriki)

Le jōriki est la force née de la concentration : la puissance qui surgit quand l'esprit, unifié et porté à un seul point dans le zazen, cesse d'être dispersé. Plus qu'une simple aptitude à se concentrer, c'est une force dynamique qui, une fois mobilisée, permet d'agir d'emblée, sans délibérer, de façon juste — et délivre de l'esclavage des passions. Premier des trois buts de l'assise, il se cultive sans fin par la pratique, et s'efface si on la néglige.

Joriki, the first of these, is the power or strength which arises when the mind has been unified and brought to one-pointedness in zazen concentration.
Hakuun Yasutani, The Three Pillars of Zen, Part One, « Yasutani-rōshi's Introductory Lectures », 5. The Three Aims of Zazen. Anchor Books / Random House, éd. révisée 1989

Yasutani-rōshi nomme la première récolte de l’assise : « Joriki, the first of these, is the power or strength which arises when the mind has been unified and brought to one-pointedness in zazen concentration. » Le terme compose (定), la fixité recueillie — le samādhi —, et riki (力), la force. C’est la puissance qui monte quand l’esprit, cessant de se disperser, se rassemble en un seul point.

Le rōshi insiste : ce n’est pas la concentration ordinaire. « It is a dynamic power which, once mobilized, enables us even in the most sudden and unexpected situations to act instantly, without pausing to collect our wits, and in a manner wholly appropriate to the circumstances. » Celui qui l’a développée n’est plus l’esclave de ses passions ; il se meut avec une liberté et une égalité d’âme réelles, l’esprit devenu « comme une eau claire et immobile ».

Mais le jōriki seul ne suffit pas. « Through it alone we cannot cut the roots of our illusory view of the world. » On peut pratiquer des années, accumuler de la force, sans pour autant ouvrir l’œil. Il faut que s’y joigne le kenshō, la percée — dont le jōriki est pourtant le terreau, car sans lui une vue isolée « s’effacera en simple souvenir ».

Jōriki ≠ concentration au sens usuel : ce n’est pas l’effort d’attention soutenu, mais une force dynamique qui agit d’elle-même dans l’imprévu. Jōriki ≠ satori : la force de concentration peut croître indéfiniment sans trancher la racine de l’illusion ; elle prépare l’éveil, elle ne le contient pas.

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