chinois · Transversal

Xing-shan

性善 (xìng shàn)

La thèse cardinale de Mencius : la nature humaine est originellement bonne. Non que l'homme soit incapable de mal, mais que, laissé à son sentiment premier, il tend au bien ; le mal n'est pas le fait de la dotation naturelle mais de son abandon. La bonté n'est donc pas un programme à accomplir de l'extérieur, c'est le penchant natif que l'éducation conserve ou que la négligence ruine. (Le confucianisme n'a pas d'entrée propre dans la nomenclature : ce terme y est classé comme transversal.)

If you let people follow their feelings (original nature), they will be able to do good. This is what is meant by saying that human nature is good.
Mencius, Mengzi, in A Source Book in Chinese Philosophy, Mencius 6A:6. Princeton University Press, 1963 · trad. Wing-tsit Chan

« If you let people follow their feelings (original nature), they will be able to do good. This is what is meant by saying that human nature is good. »Xing (性) est la nature, ce qu’un être est de naissance ; shan (善), le bon. Contre son contradicteur Gaozi, qui tient la nature pour indifférente — ni bonne ni mauvaise, comme l’eau qui va où on la dirige —, Mencius soutient que laissée à elle-même elle incline au bien, comme l’eau coule vers le bas.

La preuve n’est pas spéculative mais affective. La commisération, la honte, la déférence, le sens du vrai et du faux « se trouvent en tous les hommes » : ce sont les Quatre Commencements, les germes par où la bonté se manifeste dès l’origine. Que l’homme fasse le mal n’infirme rien : « it is not the fault of his natural endowment ». Le mal vient de la perte, de la culture manquée, du germe étouffé — jamais de la nature elle-même.

L’enjeu est de fonder l’humanité en deçà de tout dressage : si l’amour des hommes est inné, alors le travail moral n’ajoute rien à l’homme, il le retrouve. Cultiver le cœur-esprit, c’est revenir à sa disposition première plutôt que se conformer à une règle externe ; c’est laisser opérer la sincérité native plutôt que la fabriquer.

Le xing-shan ≠ les siduan qu’il fonde : ceux-ci nomment les quatre germes particuliers, celui-là énonce la thèse générale sur la nature dont ces germes sont la preuve. Il ≠ la doctrine d’une nature neutre (Gaozi) ou mauvaise (Xunzi) : pour Mencius, l’homme n’est pas une matière à former, mais une bonté à ne pas perdre.

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