Xiao
孝 (xiào)
La piété filiale : le respect et le soin dus aux parents, que le confucianisme tient pour la racine de toute vertu. Avec le respect fraternel, le *xiao* est dit « la racine de l'humanité » (ren) — c'est dans le lien premier à ceux qui nous ont fait que s'apprend la conduite envers tous. Mais le *xiao* n'est pas la soumission aveugle : Confucius y inclut la remontrance respectueuse, le devoir d'avertir doucement le parent qui s'égare, sans cesser de le servir. Le *xiao* n'est pas l'obéissance servile, car il peut contredire ; il n'est pas non plus un simple devoir légal, car il engage le cœur autant que les gestes. (Le confucianisme n'a pas d'entrée propre dans la nomenclature : ce terme y est classé comme transversal.)
In serving his parents, a son may gently remonstrate with them. When he sees that they are not inclined to listen to him, he should resume an attitude of reverence and not abandon his effort to serve them. He may feel worried, but does not complain.
« In serving his parents, a son may gently remonstrate with them. » — En servant ses parents, un fils peut leur adresser une douce remontrance. Cette seule phrase défait l’image d’une piété filiale faite d’obéissance muette. Le xiao (孝) inclut le droit — et le devoir — d’avertir : voir le parent s’égarer et le lui dire, avec ménagement, sans jamais perdre la révérence.
Le confucianisme place le xiao à la racine de tout. « La piété filiale et le respect fraternel sont la racine de l’humanité », dit l’un des premiers passages des Analectes : c’est dans le foyer, auprès de ceux qui nous ont donné le jour, que se forme le cœur capable plus tard d’aimer les hommes. Quand la racine est ferme, ajoute le texte, la voie morale croît d’elle-même. La grande vertu publique n’est pas d’un autre ordre que le soin domestique ; elle en est le prolongement.
Mais le verbatim corrige aussitôt une lecture trop docile. Si le parent n’écoute pas la remontrance, le fils « reprend une attitude de révérence et n’abandonne pas son effort pour le servir ; il peut s’inquiéter, mais ne se plaint pas ». La piété n’est donc ni une soumission qui se tait devant la faute, ni une révolte qui rompt le lien. Elle tient les deux : la franchise et la fidélité, dans la même tension que le juste tenu sans rompre l’humanité.
Le xiao n’est pas l’obéissance servile : il remontre, il avertit, il s’inquiète. Il n’est pas non plus un simple devoir légal qu’on acquitte de l’extérieur : on peut nourrir ses parents sans xiao, dit ailleurs Confucius, car même les chiens et les chevaux sont nourris — ce qui distingue le fils, c’est le respect. Le geste sans le cœur n’est pas la piété filiale.