Whanaungatanga
Mot māori : la parenté vécue, le réseau de relations qui lie les personnes par le whakapapa, la descendance commune. Selon Hirini Moko Mead, lui-même Māori (Ngāti Awa), la whanaungatanga embrasse le whakapapa et se concentre sur les relations : l'individu attend d'être soutenu par ses parents proches et lointains, et le groupe attend en retour le soutien de chacun. C'est un tissu d'obligations réciproques — se rendre aux funérailles, restaurer l'équilibre des liens, se faire voir des siens — qui fait tenir le collectif. Le principe déborde même la parenté de sang : il s'étend aux non-parents devenus comme des parents par l'expérience partagée, et jusqu'à la maison ancestrale du marae. La whanaungatanga n'est pas un réseau social ni un lien électif qu'on choisit et qu'on quitte : c'est l'appartenance reçue de la lignée, avec sa charge de devoirs.
Whanaungatanga embraces whakapapa and focuses upon relationships.
« Whanaungatanga embraces whakapapa and focuses upon relationships » — la whanaungatanga embrasse le whakapapa, la descendance commune, et porte tout entière sur les relations. Hirini Moko Mead — voix de l’intérieur, Ngāti Awa — en fait l’un des principes fondamentaux de la tikanga, la manière de faire juste : l’individu attend d’être soutenu par ses parents, proches et lointains, et le groupe attend en retour le soutien de chacun. L’attente va dans les deux sens ; c’est ce double mouvement qui noue le tissu.
Il y a là des obligations. Aux funérailles, le tangihanga, les parents sont tenus de porter toute la cérémonie. Beaucoup de tikanga prescrivent comment rétablir l’équilibre d’une relation, parce qu’on tient les liens pour fragiles, à entretenir sans cesse. Un principe associé, kanohi kitea — « un visage vu » —, dit que les parents doivent se faire voir pour que les fils de la whanaungatanga restent solides : la parenté n’est pas un état, mais une présence qu’on renouvelle.
Le principe déborde la parenté de sang. Il s’étend, écrit Mead, aux personnes hors lignée devenues comme des parents par l’expérience partagée, et jusqu’à la maison ancestrale du marae, le plus souvent nommée d’après un ancêtre. Garder ces liens, c’est aussi répondre du mana du groupe et honorer la réciprocité — ce que la manaakitanga, l’art de prendre soin de l’autre, met en acte, et ce que l’utu, l’équilibre rendu, vient corriger quand un lien se rompt.
La whanaungatanga n’est donc pas un réseau social, cette nappe de contacts qu’on accumule et qu’on délaisse. Ce n’est pas davantage le lien électif des sociétés modernes, l’amitié choisie qu’on peut défaire sans rien devoir. C’est l’appartenance reçue de la naissance, avec sa charge d’obligations : on ne décide pas d’être parent, on l’est, et l’on en répond.