Utu
Mot māori : la réciprocité qui rétablit l'équilibre des relations. Selon Hirini Moko Mead, voix de l'intérieur, Ngāti Awa, l'utu se laisse traduire comme compensation, vengeance ou réciprocité, mais sa fonction première est de répondre à une cause (take) pour atteindre un état de balance rendue (ea), et ainsi maintenir le lien de parenté, le whanaungatanga. Il y a de nombreux chemins par lesquels l'utu se met en pratique : don appelant contre-don, offense appelant réparation, parfois revanche guerrière. Chaque réponse est culturellement validée et doit être ajustée à l'événement qui l'a déclenchée — choisir le mauvais chemin serait inapproprié. L'utu n'est pas d'abord la violence : c'est le principe d'équivalence qui empêche les relations de rester déséquilibrées.
utu is a response to a take and that once the take is admitted the aim is to reach a state of ea, which might be translated as restoring balance and thereby maintaining whanaungatanga.
L’utu, écrit Hirini Moko Mead — voix de l’intérieur, Ngāti Awa —, se laisse traduire de plusieurs façons : compensation, revanche, ou réciprocité. Les commentateurs l’ont noté à la guerre comme dans les échanges économiques ; on en parle comme du principe de réciprocité, ou d’équivalence. Mais ramené à son ressort, il appartient à un modèle en trois temps — cause, réponse, équilibre : « utu is a response to a take and that once the take is admitted the aim is to reach a state of ea, which might be translated as restoring balance and thereby maintaining whanaungatanga » — l’utu répond à une cause, le take, et une fois cette cause reconnue, vise un état d’ea, une balance rendue, et par là le maintien du lien de parenté.
Il y a de nombreux chemins par lesquels l’utu se met en œuvre, et chacun est culturellement validé, jugé selon qu’il convient ou non à l’événement qui l’a déclenché. Prendre le mauvais chemin serait déplacé. Don appelant contre-don, tort appelant réparation : ce qui compte, c’est que rien ne reste en déséquilibre, et que la relation puisse de nouveau atteindre le noa, l’état ordinaire retrouvé.
L’utu n’est donc pas la pure vengeance, ce solde de sang qu’on imagine de l’extérieur ; et ce n’est pas non plus l’échange marchand qui clôt un compte et libère de toute suite. C’est une réciprocité qui tient les relations ouvertes — chaque réponse en appelant une autre dans le temps —, et qui ne se referme que dans la balance recouvrée du lien.