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Whakapapa

prononc. « fa-ka-PA-pa » (en māori, wh se dit f)

Mot māori : la généalogie qui situe une personne dans sa parenté — son hapū (sous-tribu), son iwi (tribu) — et qui, remontée jusqu'à sa source, ne s'arrête pas aux humains : elle descend des dieux, par Tāne, fils de Rangi (le Ciel) et de Papa (la Terre), les parents primordiaux du cosmos. Selon Hirini Moko Mead, whakapapa, c'est l'appartenance même : sans elle, l'individu reste « dehors à regarder au-dedans ». Réciter son whakapapa, c'est dire d'où l'on descend — et le premier ancêtre n'est pas un homme, c'est le Ciel et la Terre.

whakapapa is belonging. Without it an individual is outside looking in
Hirini Moko Mead, Tikanga Māori: Living by Māori Values, Chapitre « Te Tapu o te Tangata », section « Whakapapa », p. 42. Huia Publishers, 2003 · trad. rendu français maison (œuvre en anglais, courtes citations attribuées)

Whakapapa se prononce « fa-ka-PA-pa » : en māori, le digramme wh se dit comme un f. Le mot s’emploie souvent au sens d’« arbre généalogique », et c’en est un — mais un arbre dont les racines ne sont pas humaines.

Hirini Moko Mead le pose d’abord comme un don de naissance : chacun hérite de deux lignes de whakapapa, celle de sa mère et celle de son père, et il suffit de l’une pour avoir une place dans le hapū de ce parent. C’est ce qui fonde le droit de dire « je suis Ngāti Awa », d’être enterré dans le cimetière du lieu, de prendre part aux affaires de la tribu. D’où la formule lapidaire : whakapapa is belonging — le whakapapa, c’est l’appartenance ; sans lui, on reste « dehors à regarder au-dedans ».

Mais cette descente ne s’arrête pas aux ancêtres humains. Suivie jusqu’à sa source, elle conduit aux dieux : les humains, écrit Mead, descendent des dieux, et la semence de la vie humaine fut plantée par Tāne, fils de Rangi et de Papa, les parents primordiaux du cosmos māori — le Ciel et la Terre. Réciter son whakapapa, c’est donc remonter une seule ligne continue depuis soi jusqu’au Ciel et à la Terre. Le premier aïeul n’est pas un homme.

Là où l’« arbre généalogique » européen est une lignée close et récente, qui s’arrête à quelques siècles de registres, le whakapapa ne se ferme jamais par le haut : il rejoint les forces du monde. Et là où une taxinomie classe les êtres du dehors, en surplomb, le whakapapa les relie du dedans, par la parenté. Ce n’est pas un classement : c’est une filiation.

Chez Mary Graham (kombumerri), l’axiome « you are not alone in the world » dit un rapport voisin par un autre chemin : un système de parenté en clans qui s’étend jusque dans la terre, sans généalogie divine mais avec la même conséquence — nul n’est, ni ne se pense, une entité isolée.

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