ʻohana
prononc. « o-HA-na »
Mot hawaiien (ʻōlelo Hawaiʻi) : la famille élargie, unité de base de la société et de l'économie hawaiiennes anciennes. George Kanahele en fait l'unité fondamentale de l'ahupuaʻa, la division de terre qui va de la montagne à la mer : « the fundamental unit of an ahupuaʻa was the commoner's extended family, or ʻohana ». Composée de plusieurs foyers (hale) réunissant parents, enfants et proches rattachés, dirigée par le haku, l'aîné mâle de la branche première, l'ʻohana n'est pas qu'un lien affectif : c'est une entreprise de subsistance collective, retenue à un lieu et à une terre précise, tenue par des valeurs de coopération (laulima) et d'entraide (kokua).
With regard to its socioeconomic organization, the fundamental unit of an ahupua'a was the commoner's extended family, or 'ohana.
George Kanahele situe l’ʻohana au cœur de l’économie hawaiienne ancienne, à l’échelle de l’ahupuaʻa, cette division de terre qui descend de la montagne à la mer — le même repère qui fixe le kuleana de chacun. « With regard to its socioeconomic organization, the fundamental unit of an ahupua’a was the commoner’s extended family, or ‘ohana » — sur le plan socio-économique, écrit-il, l’unité fondamentale d’un ahupuaʻa était la famille élargie du roturier, l’ʻohana.
Cette famille n’a rien d’un cercle affectif flottant. Elle se compose de plusieurs foyers, hale, chacun l’équivalent d’une famille nucléaire avec ses dépendants et ses aides, réunis sous l’autorité du haku, l’aîné mâle de la branche première, chargé de faire tenir ensemble le rythme et l’esprit de l’entreprise familiale. Kanahele y voit une économie à part entière — coopération, laulima, « beaucoup de mains » ; entraide, kokua ; loyauté sans condition envers les siens — une unité de production autant que de parenté, fixée à sa terre et responsable de sa propre subsistance.
Cette ʻohana n’est pas la whanaungatanga māori que décrit Hirini Moko Mead — ce tissu de relations et d’obligations réciproques qui déborde la parenté de sang pour englober quiconque en a fait l’expérience partagée. L’ʻohana de Kanahele est d’abord une unité concrète, retenue à un lieu et à une production collective ; la whanaungatanga est d’abord un principe relationnel, extensible au-delà du sang et sans attache productive obligée. Deux peuples polynésiens, deux manières de faire tenir la famille : ici par le travail commun d’une terre, comme dans l’aloha ʻāina qui en fait un aïeul nourricier ; là par le devoir de présence et de soutien.