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Rāhui

Mot māori : l'interdiction rituelle et temporaire qui suspend l'accès à un lieu ou l'usage d'une ressource. Selon Hirini Moko Mead, le rāhui est fondamentalement un moyen de faire cesser — ou d'empêcher — une activité humaine précise ; il peut viser un groupe ou une seule personne, se signaler par un poteau planté, et se lever par une annonce ou un geste rituel. Les formes les plus courantes sont le rāhui de noyade, qui protège un lieu où quelqu'un s'est noyé, et le rāhui de conservation, qui laisse une ressource se reconstituer — les deux se recoupent souvent. Le rāhui n'est pas un tabou arbitraire ni une simple réserve naturelle décrétée d'en haut : c'est une réponse ponctuelle à un événement précis, levée dès que l'équilibre revient.

Basically, the rāhui is a means of prohibiting a specific human activity from occurring, or from continuing.
Hirini Moko Mead, Tikanga Māori: Living by Māori Values, ch. « Rāhui, Aukati: Ritual Prohibitions », section « Types of rāhui », p. 192. Huia Publishers, 2003

Hirini Moko Mead range le rāhui parmi les tikanga de prohibition rituelle, aux côtés de l’aukati, la ligne qu’on ne franchit pas. Sa définition tient en une phrase sèche : « Basically, the rāhui is a means of prohibiting a specific human activity from occurring, or from continuing » — fondamentalement, le rāhui est un moyen de faire cesser, ou d’empêcher, une activité humaine précise. Il peut viser un groupe entier ou une seule personne ; un poteau planté (whakatū, « faire se lever ») en signale parfois le début, une cérémonie ou une simple annonce en marque la fin — ou, plus souvent, le constat que le délai convenu s’est écoulé.

Mead distingue deux formes dominantes, souvent imbriquées. Le rāhui de noyade frappe un lieu où l’eau ou la terre ont été touchées par le tapu de la mort : la mer au large de Tauranga, écrit-il, fut ainsi fermée à la pêche sur des kilomètres après la noyade des fils jumeaux de Muriwai. Le rāhui de conservation, lui, suspend un prélèvement — coquillages, poissons, bois — le temps qu’une ressource se refasse. Les deux s’appellent l’un l’autre : la mort appelle le respect, le respect protège ce qui nourrit.

Le rāhui n’est ni le « tabou » folklorisé des récits de voyageurs — un interdit sans motif qu’on brave pour l’aventure — ni la réserve naturelle occidentale, décrétée par une administration extérieure et sans lien avec un événement vécu. Il naît d’un fait précis, daté, souvent tragique, et s’éteint avec lui. Sa parenté avec le tapu est directe : c’est le même sacré-interdit qu’on active, ponctuellement, sur un lieu ou une activité — quand le tapu décrit un état permanent des êtres et des lieux, le rāhui en est l’application datée, décidée par ceux qui ont l’autorité de la poser, et levée dès que le danger ou le deuil s’est résorbé.

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