Kōan
公案 (kōan)
Le kōan (chinois kung-an) est le « cas public » : à l'origine un document, une décision faisant jurisprudence. Le Zen en a fait un instrument d'éveil — une énigme ou anecdote des anciens maîtres que le disciple doit « passer », et qui épuise le mental discursif jusqu'à la percée. Le célèbre « son d'une seule main » en est le type.
This extraordinary invention was the system of the kung-an (Japanese, koan) or “Zen problem.” Literally, this term means a “public document” or “case” in the sense of a decision creating a legal precedent.
Alan Watts en donne la généalogie exacte : « This extraordinary invention was the system of the kung-an (Japanese, koan) or “Zen problem.” Literally, this term means a “public document” or “case” in the sense of a decision creating a legal precedent. » Le kōan — 公案 — n’est donc pas né énigme : c’est d’abord un terme de droit, le dossier qui fait jurisprudence.
Le Zen détourne ce sens administratif. Le système, écrit Watts, consiste à « passer » une série d’épreuves bâties sur les mondo, les questions-réponses et anecdotes des vieux maîtres. Le disciple reçoit son cas — « Quel était ton visage avant la naissance de tes parents ? », « le son d’une seule main » — et bute. Le mental discursif s’y use à vide : aucune réponse logique ne « passe ». L’impasse est le but. Acculé, l’intellect lâche prise, et c’est dans cette brèche que peut surgir l’éveil.
Le kōan travaille ainsi le même nerf que le non-esprit : il force l’esprit à cesser de se saisir lui-même par le raisonnement.
Kōan ≠ devinette. Une devinette a une solution qu’une réflexion plus fine finit par trouver ; le kōan n’a pas de réponse à découvrir par la pensée — il est fait pour que la pensée discursive s’épuise et cède la place.