Tika
tika (de la racine tika, « droit, correct »)
Mot māori : ce qui est droit, correct, ajusté — le principe qui mesure si une manière de faire est conduite comme il faut. Selon Hirini Moko Mead, tika est le mot-base d'où dérive tikanga, l'ensemble des façons justes d'agir : juger qu'une pratique est tika, c'est juger qu'elle est exécutée correctement, dans les règles propres à la coutume. Tika ne porte pas sur l'intention intérieure mais sur la justesse de l'acte lui-même, sa conformité au bon ordre des choses. Avec pono et aroha, il forme la triade par laquelle les Māori évaluent la valeur d'une conduite. Tika n'est pas la conformité légale d'un règlement : c'est la droiture d'un geste accordé à ce qui doit être.
The concept of tika, or being correct, is a base principle that applies to all tikanga.
Le mot même de tikanga — l’ensemble des manières justes de faire, ce que les Māori tiennent pour la bonne coutume — vient de tika. Hirini Moko Mead, lui-même Māori (Ngāti Awa), le pose comme racine et comme mesure : « The concept of tika, or being correct, is a base principle that applies to all tikanga » — le concept de tika, le fait d’être correct, est un principe de base qui vaut pour toute tikanga. Avant de demander si un geste est sincère ou bienveillant, on demande s’il est tika : exécuté droit, dans les règles, accordé à l’ordre des choses.
C’est donc d’abord une qualité de l’acte, non de l’âme. Une cérémonie, une décision, un soin sont tika quand ils sont menés correctement — éthiquement, culturellement, spirituellement, et selon les compétences requises. La justesse se vérifie au faire, pas à l’intention déclarée.
Tika ne marche jamais seul. Il appelle pono, la vérité aux principes de la culture māori, et il se déploie dans le réseau des relations que gouvernent le mana et la manaakitanga. Juger qu’une pratique est tika, c’est juger qu’elle a respecté adéquatement les standards de conduite hérités des ancêtres.
Tika n’est pas la conformité légale d’un texte de loi, ce respect d’une règle écrite qu’on peut suivre à la lettre sans y croire. C’est la droiture d’un geste tenu pour juste parce qu’il s’ajuste à ce qui doit être — une rectitude vécue, non un règlement coché.