Terrafurie
Tierrafurie (angl.) — du latin terra, terre + furere, être en colère
Néologisme forgé par Glenn Albrecht, à la demande d'amis écologistes, pour nommer la colère face à la destruction de la Terre. Colère extrême et déchaînée de ceux qui voient clairement les tendances destructrices de la société techno-industrielle sans pouvoir les inverser, dirigée contre ceux qui commandent les forces qui ravagent le vivant. Albrecht insiste : c'est une colère protectrice, non agressive — une fureur qui défend, et qui peut s'exprimer sous une forme créatrice.
La terrafurie est une forme de colère extrême et déchaînée ressentie par ceux qui voient clairement les tendances destructrices de la société techno-industrielle qui mènent au tierracide et à l’écocide (voir ci-dessous), mais qui se sentent incapables de les inverser.
Le mot vient du latin terra, la terre, et furere, être en colère. Albrecht ne l’a pas cherché seul : des amis écologistes manquaient d’un terme pour qualifier leur rage devant ce qui ravage la planète, et lui ont demandé de le forger. La terrafurie nomme cette colère-là — non un emportement vague, mais une fureur lucide, celle de qui voit la machine techno-industrielle mener au tierracide et à l’écocide sans pouvoir l’arrêter.
Albrecht tient à une distinction : cette colère est protectrice, non agressive. Elle vise ceux qui commandent les forces destructrices, défie le statu quo intellectuel et sociopolitique, et défend ceux qui protègent la Terre. Il l’imagine chez les peuples indigènes forcés de subir la destruction de leurs terres et de leur culture, et la prolonge sous une forme créatrice — poèmes, œuvres — qui canalise la fureur sans la trahir.
Dans la famille des émotions de la Terre que nomme Albrecht, la terrafurie est le versant actif et combattant, là où le souci du vivant cherche le soin.
La terrafurie ≠ la solastalgie : celle-ci est une détresse, un deuil subi sur place devant un milieu qui se défait ; celle-là est une colère tournée vers l’extérieur, contre les responsables du ravage. Elle ≠ aussi l’éco-anxiété : l’anxiété redoute et se replie, la terrafurie s’arme et passe à l’acte — « la seule option sensée », écrit Albrecht, face à des puissances qui terraforment la Terre.