Symbiogenèse
symbiogenesis (origine par symbiose)
Terme évolutionnaire que Lynn Margulis reprend du Russe Konstantin Merejkovski pour nommer l'apparition d'organes, d'organismes et d'espèces nouvelles par établissement d'une symbiose durable ou permanente. Contre une évolution réduite à la mutation aléatoire et à la compétition entre lignées, la symbiogenèse fait de la fusion d'êtres différents le moteur de la nouveauté : la cellule à noyau elle-même serait née de bactéries jadis indépendantes devenues partenaires inséparables. Margulis y voit la source d'innovation la plus féconde du vivant — plus que le sexe.
Symbiogenesis, an evolutionary term, refers to the origin of new tissues, organs, organisms—even species—by establishment of long-term or permanent symbiosis.
Le mot est ancien — forgé par le Russe Konstantin Merejkovski au début du XXe siècle — mais c’est Margulis qui en fait le pivot d’une autre histoire de l’évolution. Symbiogenesis, an evolutionary term, refers to the origin of new tissues, organs, organisms—even species—by establishment of long-term or permanent symbiosis : la symbiogenèse désigne l’origine de tissus, d’organes, d’organismes — d’espèces mêmes — par l’établissement d’une symbiose durable ou permanente.
L’idée renverse le récit dominant. Le néo-darwinisme explique le neuf par l’accumulation lente de mutations triées par la compétition. Margulis répond : le saut décisif vient de la fusion. La cellule à noyau, dont nos corps sont faits, est l’héritière de bactéries autrefois libres — respiration, photosynthèse — devenues organites d’un même corps. L’autre n’est plus seulement rival ou proie : il devient partie de soi. Cette lecture prolonge la toile de la vie où nul n’existe en isolat, et elle déplace l’autopoièse — la cellule close sur son métabolisme n’est jamais qu’une communauté ancienne qui a tenu. La Terre vivante de l’intrusion de Gaïa est ce tissu d’alliances sédimentées.
La symbiogenèse ≠ la mutation darwinienne : l’une fait naître le neuf par fusion de génomes entiers déjà éprouvés, l’autre par variation graduelle d’un seul patrimoine. Et la symbiogenèse ≠ une coopération idyllique : elle commence souvent par l’infection, la parasitose, l’indigestion — c’est l’hôte qui n’a pas digéré son hôte, et qui en a fait un organe.